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Nov 6, 2008

Le futur est présent

Je vous ai rencontrés partout. Sur les blogs que je parcours, que vous en soyez auteurs où commentateurs. Dans les formations que je donne chez les clients de Revevol. Dans les écoles où j'enseigne occasionnellement. Dans mes cercles d'amis. Dans ma famille. Dans les différents endroits où j'ai eu l'occasion d'échanger avec vous au sujet de mon métier...

Vous êtes ceux qui disent : "je ne crois pas que toutes nos applications tourneront un jour sur Internet."

Quant à moi, "vous" le savez, je suis convaincu que, à de rares expressions près, le jour est très proche (5 ans ?...) où nos "ordinateurs" ne seront que des points d'accès. Beaucoup d'entre vous m'ont vu sortir mon téléphone de la poche, parler de lui comme d'un modem, mimer les lunettes qui me permettraient de disposer d'un écran virtuel de 17 pouces et qui, couplées à un clavier laser (enfin libérés d'Azerty ! D'autres possibilités existent...), me permettraient d'utiliser le web comme un ordinateur.

J'ai déjà quelques réflexes de ce type : par exemple la recherche Wikipédia dès que je cherche une info dans ma tête, que je sois dans le métro, le TGV, à l'aéroport où... chez moi. Ok, de ce côté-là, je fais partie des privilégiés qui ont à la fois le forfait et le téléphone qui vont bien. En même temps, nous sommes de plus en plus de ces "privilégiés" : déjà 3 millions en février dernier, soit 8,3 % des abonnés mobiles. Combien serons-nous un an après, avec la vague iPhone 3G et l'arrivée des premiers téléphones basés sur Android, le système d'exploitation ultralight de Google ?

L'énergie informatique à un tournant de son histoire

Je vous propose de zoomer sur 3 annonces des deux dernières semaines. Elles concernent toutes les trois la fiabilité des offres de ce qu'on appelle Cloud computing (l'informatique dans les nuages), cette véritable industrie de l'énergie informatique.

Première annonce : celle de Google concernant la fiabilité de Google Apps. En voici une traduction en français par... Google Traduction, justement, un service qui s'améliore sans cesse grâce à la logique "nuage". J'utilise d'ailleurs ce même service pour proposer mon blog dans des dizaines de langues (voir en haut de la colonne de droite).

Nous étions nombreux à attendre ce genre d'information et nous ne pouvons pas être déçus ! "Au cours de l'année passée, Gmail a été disponible plus de 99,9% du temps - pour tout le monde, les consommateurs et les utilisateurs professionnels." De 10 à 15 minutes d'indisponibilité par mois, qui sont en fait le total des micro-coupures quasi-indolores pour les utilisateurs : on n'est pas sans arrêt en train de recharger sa page Gmail !

Google cite une étude de Radicati Group en 2008 selon laquelle les utilisateurs des principaux concurrents de Gmail en entreprise, Novell Groupwise, Lotus Notes et Microsoft Exchange, connaissent, eux, de 66 à 150 minutes d'interruption chaque mois, soit 6 à 10 fois plus ! Ajoutons à cela le fait que, lorsqu'on choisit une solution "in the cloud" comme celle de Google, on n'a plus aucune infrastructure de messagerie à gérer (déploiement, mise à jour, maintenance, sauvegarde, serveurs, logiciels serveurs et clients, antispam, antivirus e-mail...) : il devient assez compréhensible qu'un million d'entreprises utilise déjà Google Apps.

Finalement, tout ceci relève du constat. Alors quelle est donc la véritable annonce de Google ? Il s'agit de la garantie de disponibilité (SLA, Service Level Agreement) de 99,9%, qui ne concernait jusqu'à présent que Gmail, est étendue à Google Talk, Google Calendar, Google Docs et Google Sites. Joyeux Noël, avec 2 mois d'avance !

Deuxième annonce : celle d'Amazon qui, comme vous le savez, est un fournisseur majeur d'énergie informatique "in the cloud".

Désormais, le service EC2 (Elastic Compute Cloud) n'est plus en beta : c'est un service officiellement en production, avec un SLA (tiens, encore un...) et de nouveaux services de gestion.

Comme il est dit dans l'article de TechCrunch à ce sujet, dans le contexte économique actuel, il est probable que de plus en plus d'entreprises seront intéressées par le modèle pay-as-you-go, un modèle où l'on paie exactement, chaque fin de mois, au prorata des volumes de serveurs virtuels, de stockage, de ressources diverses que l'on a utilisées. Plus besoin de prévoir une marge, d'acheter plus de serveurs que nécessaire, de gérer le load balancing (répartition de charge) ni la scalability (évolutivité)...

Troisième annonce : Salesforce.com offre dévoile Force.com Sites.

Lors de sa conférence Dreamforce 2008 (au cours de laquelle se sont produits les Foo Fighters), Salesforce a décrit Force.com Sites comme un outil permettant à la fois de faire tourner des sites et applications web sur Force.com et de diffuser les données et outils de Force.com sur d'autres sites web. Une relation à double sens pleine de perspectives... Salesforce le dit : "comme tous les services de Salesforce.com, Force.com Sites fonctionne entièrement dans le nuage sans le coût et la complexité du logiciel traditionnel."

A noter : lors de la même conférence, Salesforce a annoncé que les développeurs pouvaient désormais construire des ponts reliant Salesforce.com à Facebook et Amazon ! Exemple Facebook : pourquoi ne pas utiliser cela pour autoriser vos collaborateurs à diffuser les annonces et recommander leurs contacts pour des postes à pourvoir dans votre entreprise ?... Exemple Amazon : vous pouvez désormais utiliser Force.com pour développer et Amazon pour étendre vos capacités de serveurs et de stockage pour la même application.

N'attendons pas le big bang

Alors quoi ? Toujours pas convaincu ? On vous montre des applications plus solides, plus souples, plus économiques et vous restez scotchés à votre ordinateur et vos serveurs ? Ah, non, vous me rassurez. Vous cherchez juste comment me contacter pour en parler. :-)

Plus sérieusement, je crois que ces annonces sont des signes forts de l'évolution du marché informatique d'un modèle logiciel vers un modèle multi-tenant, c'est-à-dire où, tous, nous utilisons les mêmes applications, les mêmes bases de données, les mêmes serveurs. Après tout, il n'y a pas un serveur Google pour chacun d'entre nous et pourtant, combien de fois Google.com a-t-il planté en 10 ans ?...

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