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Aug 3, 2008

Collaboration et naissance

Il y a des prises de contact qui font plaisir !

Je suis à la maternité avec ma femme. Nous sommes dimanche 3 août 2008, il est 5h57 et cela fait 4,5 heures que nous sommes sur place, à attendre l'arrivée d'Axelle. J'ai terminé Le dernier match, de John Grisham. Je suis descendu profiter du distributeur gastronomique automatique et de la machine à café. Et puis je me suis dit : pourquoi ne pas écrire cet article qui me trotte dans la tête depuis plus de 2 jours ?

Des anecdotes comme celle-là, il s'en produit finalement assez peu pour qu'on se souvienne de chacune d'elles. Et en même temps, ce sont elles qui matérialisent le fruit de la bonne volonté. Ce sont des histoires comme celle-ci qui nous font dire : pour une personne qui remercie, combien, au total, profitent de la publication et du partage ?

Mon MacBook est sur cette petite tablette d'angle, d'où il distille, depuis 2 heures, de la musique dans la salle d'accouchement. Je rapproche mon fauteuil et entreprend de taper, comme si le bruit des touches et le mouvement de mes doigts étaient autant d'excitants capables de reculer l'heure du sommeil. De fait, j'ai du mal à trouver mes mots...

Il est 20h passées, jeudi dernier. Je suis sur le point de fermer mon écran pour enfourcher un Vélib et retrouver ma petite famille. Un chat s'ouvre dans Gmail. "Guest has joined" : il s'agit donc de quelqu'un qui a vu le module de chat sur mon blog et qui a décidé de me joindre par ce moyen. Je tape "Bonjour" avant même que mon interlocuteur mystère se soit introduit. "Bonjour, répond-il. Je viens de vous envoyer un mail sur gmail." Après un rapide coup d'oeil à ma boîte de réception, je lui lance un "votre prénom ?" gendarmesque. "bruno". Après quelques secondes, je lui réponds : "ok, vu. Merci infiniment pour votre message."

Les robots de traduction de Google sont mes deux seuls contacts vivants, dans la partie chat de Gmail. Déjà 6h17. Quelques allers et retours d'Eloïse, la sage-femme, sont venus nous distraire (non, il n'y a pas de "h" à cette Eloïse). Dire Straits, Down to the waterline.



"Bonjour,

Ce message s'adresse à Olivier Margerand qui a déposé un article sur rezo.net maintenant archivé sur :

"wanewsletter - spip 1.9 - 'rien a faire ici' "
http://archives.rezo.net/spip.mbox/200608.mbox/%3Cecf3hc$esd$1@sea.gmane.org%3E

Voici mon message :

Grand merci !!!!

Je suis utilisateur de wanewsletter/spip et je n'arrivais pas à migrer mon site en spip 1.9.2.
Grace à votre réponse extrêmement claire et parfaitement illustrée, j'ai pu me sortir d'une migration qui commençait à devenir complexe.

ne pouvant pas intervenir directement sur les archives, je tenais à vous en remercier.

Bien cordialement"

Et là je vois certains d'entre vous froncer les sourcils : "mais de quoi il parle ?!..." Explication : la réponse évoquée par Bruno, je l'ai postée il y a 2 ans sur ce qu'on appelle une liste de diffusion : une adresse (par exemple entraide@spip.net) à laquelle on écrit pour poser des questions, apporter des réponses ou partager de l'information de manière plus générale. Ici, il s'agit d'une liste concernant le logiciel Spip, qui permet de gérer facilement le contenu d'un site web, sans compétence technique (une fois que le site est en place, ce qui n'est pas une partie de plaisir, comme Bruno a l'air d'en faire la dure expérience). Tous les échanges de ces listes sont souvent archivés en ligne, de façon à favoriser leur diffusion. En l'occurrence, j'avais répondu à quelqu'un qui m'était inconnu pour lui apporter mon aide. A l'époque, je progressais moi-même beaucoup grâce à ces échanges et à l'expérience des autres. 2 ans plus tard, Bruno l'a probablement trouvée grâce à un moteur de recherche et en a profité.

Il fait jour. Nous écoutons Nisi Dominus RV 608, de Vivaldi, interprété par Gérard Lesne. Divin, c'est le cas de le dire. Sa voix me transporte. Si vous voulez prendre un plaisir musical comme rarement cela vous est offert, je vous recommande sincèrement cette suite de 9 morceaux, d'un total d'environ 20 minutes. Le bébé ne se manifeste toujours pas plus que ça. La climatisation ne fonctionne toujours pas mais l'air de l'extérieur a un peu fait baisser la température. Eloïse vient de repasser. Le marchand de sable, lui, est passé depuis longtemps. Je n'ai plus du tout sommeil mais le retour de bâton va être rude.



Non content d'avoir trouvé mes coordonnées actuelles, Bruno a pris le temps de chatter avec moi. Pour parodier une pub télé récente : recevoir les remerciements d'un inconnu en direct, ça n'a pas de prix.

Et alors ?

Quel intérêt de raconter cela ici ? La réponse est simple : nous sommes précisément devant une situation qui donne du sens à la publication et au partage de contenu. C'est-à-dire à... la mission de Revevol, mon entreprise d'adoption depuis 1 an et demi. Jour après jour, j'apporte mon aide aux entreprises qui souhaitent faciliter, fluidifier la collaboration en interne aussi bien qu'avec leurs partenaires ou même avec tout interlocuteur, sur des espaces publics.

Alors quand un Bruno m'apporte une nouvelle preuve que ce que j'ai partagé à porté du fruit, que rendre à la communauté comme elle m'avait donné, cela avait du sens, je ne peux que le voir comme un signe de plus, gratifiant et encourageant, que le web est décidément une formidable opportunité pour que tout le monde progresse plus vite, plus facilement.

Cet exemple illustre pourquoi l'entreprise, toute entreprise, a intérêt, à l'image d'une communauté d'utilisateurs sur Internet, à pousser à fond les usages collaboratifs inspirés du web.

Je sais que nous pouvons, rapidement, observer des remerciements similaires, dans les entreprises, de manière généralisée. Même quand l'auteur d'origine a quitté l'entreprise. Il y a là un gisement de valeur pour l'entreprise.

Et finalement, comme tout est lié, nos parcours professionnels eux-mêmes sont de plus en plus fondés sur notre capacité à partager. Chacun de nous peut se servir de réseaux sociaux comme LinkedIn pour recueillir les "recommandations" de collaborateurs pour nos capacités de partage. Et faire de cette aptitude un atout visible. Et tout le monde est gagnant. Question : votre entreprise fait-elle partie de celles qui auront, en 2008, entamé ce grand mouvement pour changer leur façon de travailler ?

Le bébé arrive.



NB : l'idée d'alterner les paragraphes de ce texte consacrés à l'anecdote et à ma situation présente m'est probablement venue d'un article de Daniel Glazman, San Francisco, Sex and Standards.

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