Mes lecteurs de longue date savent que Tristan Nitot compte parmi les personnes qui m'influencent peu ou prou. Tristan a publié le 10 janvier une conversation instantanée qu'il avait eu au sujet de Facebook. J'ai immédiatement décidé de réagir sur mon blog, pour une raison principale : les dizaines de commentaires appelaient des réponses. Leur quantité, leur contenu montre que Facebook soulève de vraies questions.
Je souhaitais apporter, à la mesure de ma courte expérience, quelques éléments de réponse complémentaires. Je réagis souvent sur les blogs que je lis en y déposant des commentaires. J'ai estimé que, dans le cas présent, le format "article" s'y prêtait mieux.
Le 18 janvier, JP Rangaswami publiait un article au sujet de Facebook, lui qui a déjà abordé le sujet à de nombreuses reprises : Why I still use Facebook, and other musings about social networks (pourquoi je continue à utiliser Facebook, et autres considérations sur les réseaux sociaux). Lorsque je l'ai lu, j'ai pensé que, une fois de plus, JP Rangaswami était, lui aussi, quelqu'un qui m'influençait.
Tristan Nitot et JP Rangaswami ne sont pas forcément en désaccord : ils traitent de questions différentes. L'un tient un blog sur les standards, l'autre sur les usages numériques en entreprise. L'un se soucie de vie privée et d'indépendance des fournisseurs, l'autre de collaboration et de partage d'information.
Pour partager mon point de vue, je vais m'appuyer sur des extraits de commentaires laissés à la suite de l'article de Tristan.
Enfin ! Je lis que ces applications « sociales » sont inutiles et purement commerciales.(Je n'ai pas lu de telle affirmation dans l'article de Tristan Nitot mais passons...)
Ces applications sont inutiles ? Allons bon ! Une "chose" inutile utilisée par des dizaines de millions de personnes, c'est curieux, non ? On croirait entendre parler des téléphones mobiles il y a à peine 10 ans.
Parmi les aspects de Facebook qui m'ont été et me sont utiles :
- Carnet d'adresses "contact-centric" : une base de contacts que je n'ai pas à mettre à jour puisque mes contacts s'en chargent pour eux-mêmes.
- Mini-blog privé : tenir tous mes contacts au courant de ce que je fais, de ce que je découvre, de mon métier, etc. (sans qu'ils soient forcés de consulter ces nouvelles, comme dans les e-mails)
- Agrégateur de contenu : un endroit où je partage différents types de contenus (photos, vidéos, liens, flux RSS...) sans que mes contacts aient à surfer dans 36 endroits et sans que ce contenu soit forcément sur Facebook.
- Renoueur de contacts : j'ai bu un nombre de bières incroyables à la fin de l'été, quand j'ai retrouvé tout ce monde... J'ai aussi été sollicité pour contribuer aux simulations d'entretien de concours dans mon ancienne prépa : j'ai été très heureux de pouvoir répondre présent.
(...) Bref pour moi Facebook c'est comme le reste, j'utilise mais de façon modérée, avec de la distance et du recul.Bravo ! Le recul vaut dans les deux sens :
- Rester modéré dans son enthousiasme : un grand classique dans le monde de l'innovation.
- Rester modéré dans sa critique : je crois qu'il faut toujours faire preuve d'humilité face à de nouveaux outils. Et les réseaux sociaux (de même que Second Life, puisque SL est également évoqué dans les commentaires) sont encore relativement nouveaux et évoluent en permanence.
Bonjour,
Je viens justement de fermer mon profil Facehook (expression d'une amie) ...
Qu'est-ce qui se passe avec mes données perso qui étaient contenus dans mon compte ? Je suis inquiet :S
Sont-ils resté dans leur base de données ?!
Merci et bone fin de journée
- Le simple fait d'utiliser un moteur de recherche donne à celui-ci beaucoup plus de renseignements que nous ne le pensons. Voir l'affaire des données AOL.
- Les jeunes générations (génération Y et suivante) semblent se soucier de confidentialité d'une autre manière que nous. "(...) I interpret this as a group who love the powerful social networking that is now possible, but still have a clear sense of privacy" Peter Bazalgette, Directeur de Création de la société Endemol, productrice de l'émission de télé-réalité "Big Brother", dans un article du Guardian paru en mai 2007. ("J'interprète cela comme un groupe qui adore le puissant réseautage social désormais possible mais qui a tout de même un sens aigüe de la confidentialité")
J'ai toujours évité ces sites sociaux, pour la simple raison qu'il n'y a aucun contenu, c'est juste un outil pour quelques marketteux. Si on revenait aux bonnes vieilles pages persos (facon multimania pendant la bulle) et qu'on apprenait aux gens à faire leur propre site, on aboutirait à plus de liberté, plus de créativité, et on éviterait les problèmes de détournement d'informations. Et ca n'empêche pas d'afficher des amis ou se faire un reseau... le lien hypertexe est là pour ca.Bonne idée. On devrait aussi tous apprendre à changer un moteur de voiture, à remplacer l'écran d'un téléphone mobile et à construire sa maison. D'ailleurs pourquoi utiliser Google Docs ou Word alors que chacun peut écrire ces programmes dans son coin ? Aucun intérêt...
Facebook a succédé à MySpace qui avait détroné Friendster. Les réseaux sociaux ont leur utilité - pas seulement pour le divertissement - mais rien ne dit en effet que celui-ci restera leader, surtout s'ils n'innovent plus.La question des formats et de l'interopérabilité est déterminante. Google a annoncé OpenSocial et Facebook était bien obligé de suivre. (Google a d'ailleurs fait la même chose pour la téléphonie mobile)
En réalité j'espère surtout à terme que naitra un format libre de réseau sociaux interconnectés, plutôt que des systèmes propriétaires fermés. Je n'ai rien vu de bien convaincant en libre dans le domaine.
Depuis le début je n'ai rien compris à Facebook. Pourquoi ce succès. Et personne ne tique sur le fait qu'il faille absolument s'inscrire pour accéder aux données que tous ceux qui y sont, y ont déposé.Heu, je ne sais pas... Peut-être pour que nos contacts sachent qui les contactent ?... Ce que souhaite cette personne, c'est un peu comme si elle voulait utiliser une adresse e-mail sans s'inscrire pour l'obtenir.
Ca c'est le genre de discussion qui me fait "m'auto-congratuler" de ne pas suivre la mode "bêtement" et de ne pas m'inscrire à chaque fois qu'un site top-super-révolutionnaire apparait sur la toile mais de suivre mon intuition quand elle me dit "wait & see"... Quitte à passer pour un vieux grincheux rétrograde aux yeux de certains d'ailleurs :pVous pouvez tout de même vous inscrire pour juger en connaissance de cause. :-) Vous me trouverez facilement : sur ma photo de profil (au moment où j'écris ces lignes), je porte mon fils sur mon épaule. Mais peut-être êtes-vous un vieux grincheux rétrograde... ;-)
Sinon, FaceBook a t il un avenir ?Là-dessus, j'ai une théorie très personnelle : quand Google n'achète pas un service, c'est que celui-ci n'est pas le "meilleur".
Il faudrait que je retrouve cet article ( La Tribune ou les Echos ?) qui annonçait fièrement que Microsoft avait gagné une grande bataille face à Google en achetant FaceBook.
Bizarre vos commentaires...Je n'ai rien à ajouter, Votre Honneur. (sauf que Facebook a un aspect de plateforme ouverte mais n'en ai pas une, si je ne me trompe. Je chipotte.)
Savez-vous que facebook est dans les 10 sites les plus visités aux US ?
et depuis plusieurs années déjà, c'est juste en France qu'on en entend parler que depuis peu.
Savez-vous qu'il y aura bientot plus d'utilisateurs de facebook que de français ?
qu'il y a plus de photos publiées sur facebook que sur flickr ?et son aspect de plateforme ouverte permet d'envisager plein d'utilisations ...
Bien sûr il y a des mauvais cotés, mais quelle évolution par rapport à la messagerie instantanée, que de possibilités supplémentaires !
Vos données privées sont déjà sur google et dans toutes vos boites mail, pensez-vous que si yahoo mail fermait vos mails seraient revendus à des publicitaires ?
(...) Et là, arrive un problème auquel personnellement je n'avais pas pensé : où se situe la limite entre mes amis et mes connaissances ? Ma home page est remplie par 2 ou 3 personnes qui essayent toutes les applications et joignent tous les groupes alors que je n'ai plus vu ces personnes depuis 10 ans ! Est-ce que je pourrai répondre autre chose que des banalités au message de ce type qui a fait un stage de voile avec moi quand on avait 15 ans ou à cette fille que je ne supportais pas à l'école primaire et qui me considère comme un "friends" ? Est-ce que je veux vraiment que ces gens voient les photos de mon mariage ?Bien vu. C'est ce qu'on appelle granularité : je veux pouvoir poster une vidéo à mes amis sans que mes collaborateurs, par exemple. Pour le moment, Facebook n'offre à peu près aucune granularité. En tout cas, c'est tellement difficile à gérer que tout le monde publie pour toute le monde, par facilité (ok, parfois par igorance).
Bref, Facebook a solutionné un problème (le carnet d'adresses automatique) mais a du coup introduit plein d'autres problèmes qui sont intéressants à résoudre. Facebook est une étape mais une étape qui était nécessaire à mon sens.
Internet, imprimerie, même combat !
Je l'ai déjà dit (et je ne suis pas le premier) : nous vivons une révolution à la mesure de l'imprimerie. Il ne serait pas raisonnable de ne pas se poser toutes ces questions. Doit-on pour autant jeter l'anathème sur ces outils ? Je suis persuadé que c'est leur utilisation seule, avec les usages que nous créons, qui permet de soulever de plus en plus de question et d'y apporter des réponses. La grande différence entre aujourd'hui et le monde sans Internet, c'est que les utilisateurs peuvent plus facilement faire entendre leur voix.Qu'il s'agisse des usages ou des données personnelles, c'est toujours la même grande question : que je change de voiture, de travail ou d'outil de communication, qu'est-ce que je perds, qu'est-ce que je gagne ? Est-ce que ce que je gagne vaut plus ou moins que ce que je perds ?
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